Derniers mots au procès des attentats de Paris et plaintes pour indemnisation

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Derniers mots au procès des attentats de Paris et plaintes pour indemnisation

Les avocats des victimes des attentats terroristes de novembre 2015 poursuivent leurs observations finales. La Cour pénale spéciale est un théâtre de contradictions, les robes noires offrant tout, de la rhétorique flamboyante au bon sens digne. Les 14 accusés physiquement présents montrent de rares signes d’attention.

Salah Abdeslam s’est réveillé à l’évocation de son nom.

Un avocat l’a traité de menteur, affirmant qu’Abdeslam, seul survivant des brigades terroristes dont les actions ont coûté la vie à 132 personnes, n’avait pas renoncé à sa mission meurtrière de kamikaze par sympathie humaine, comme il l’a affirmé, mais simplement parce que sa veste explosive n’a pas explosé.

« Il a dit à ses amis que ça n’avait pas marché », a-t-on rappelé au tribunal. « Comment aurait-il pu savoir s’il n’avait pas essayé ?

Plusieurs avocats ont rejeté jeudi l’affirmation d’Abdeslam selon laquelle il avait comparu devant le tribunal en tant que « guerrier d’Allah ».

« Je n’ai vu aucun guerrier à ce procès », a déclaré l’un d’eux. « J’ai cependant vu des hommes et des femmes de paix héroïques qui nous ont raconté leurs luttes pour rester debout, pour continuer. »

Une autre robe noire a expliqué qu’il avait lui-même combattu dans la garde nationale croate.

« Il y a un code d’honneur entre les combattants. Vous ne touchez pas aux civils, surtout aux civils qui n’ont absolument rien fait contre vous. »

Jeudi encore, de nombreux avocats ont pris la parole au nom de ceux qui n’ont pas eu la force d’être eux-mêmes présents.

Fonds pour les victimes

D’autres plaintes ont été déposées contre le fonds de garantie de l’État, censé indemniser les victimes du terrorisme.

Un avocat qui affirme que son client de 28 ans est sujet à une dépression suicidaire et n’a pas été suffisamment indemnisé a appelé le gouvernement à abandonner le fonds sous sa forme actuelle « et à recommencer à zéro ».

Plus tôt cette semaine, l’avocat représentant ce même fonds a expliqué que 155 millions d’euros avaient déjà été versés aux victimes, à raison de 60 000 euros en moyenne par victime, la grande majorité des accords d’indemnisation étant conclus sans conflit.

Elle a assuré au tribunal que les paiements initiaux étaient effectués « sur simple présentation d’un billet » pour le concert du Bataclan, et que le « petit nombre » restant de réclamations contestées était en cours de traitement par les tribunaux.

Pour réduire la souffrance humaine à des statistiques, 6 % des 2 630 victimes reconnues contestent toujours le montant des indemnisations proposées.

Le fonds a été généreux avec les victimes, nous a-t-on assuré.

« Mais le fonds est un service public, pas une assurance. Nous restons en contact étroit avec les associations de victimes. Nous avons essayé d’éviter des retards inutiles. »

Le procès se poursuit.

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