Les dirigeants de l’UA cherchent des solutions locales à la situation humanitaire « alarmante » du continent

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Les dirigeants de l'UA cherchent des solutions locales à la situation humanitaire "alarmante" du continent

Les dirigeants de l’Union africaine se réunissent en Guinée équatoriale pour deux sommets alors que le continent fait face à des crises humanitaires, au terrorisme et à des coups d’État militaires.

Une vingtaine de chefs d’État ainsi que des donateurs sont attendus dans la capitale équato-guinéenne, Malabo, pour lever des fonds lors du premier « sommet humanitaire extraordinaire » de l’UA qui se tient ce vendredi.

Selon le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, 113 millions d’Africains ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence cette année, dont 48 millions de réfugiés, de demandeurs d’asile et de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDI).

L’UA a déclaré que 15 pays particulièrement touchés avaient besoin d’une aide urgente, les chocs climatiques et les conflits entraînant une augmentation « exponentielle » de l’aide humanitaire.

La guerre en Ukraine a également exacerbé les pénuries alimentaires.

Sur plus de 30 millions d’Africains déplacés à l’intérieur de leur propre pays, plus de 10 millions sont des enfants de moins de 15 ans, a-t-il ajouté, soulignant les conflits interethniques dans certaines régions ainsi que l’insécurité alimentaire.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture affirme qu’environ 282 millions des 1,4 milliard d’habitants de l’Afrique sont sous-alimentés, soit une augmentation de 49 millions par rapport à 2019.


La ministre sénégalaise des Affaires étrangères, Aïssatou Tall Sall, a déclaré à RFI que la situation humanitaire sur le continent était « alarmante ».

Avec tous les réfugiés et déplacés internes, « nous voyons que le plus urgent est de trouver des solutions ici et maintenant », a-t-elle déclaré.

Il est question de créer une agence africaine d’aide humanitaire et de mettre en place un fonds spécial d’urgence basé sur les contributions de chaque Etat africain, selon le correspondant de RFI à Malabo, Peter Sassou Dogbé.

Une déclaration en ce sens doit être remise samedi aux chefs d’Etat.

« Cancer » terroriste

Une deuxième réunion samedi abordera « le terrorisme et les changements anticonstitutionnels ».

Des pays comme la Libye, le Mozambique, la Somalie, la région du Sahel, le bassin du lac Tchad en Afrique de l’Ouest et l’est de la République démocratique du Congo sont tous confrontés à des rébellions et à des insurrections djihadistes.

Le chef de l’UA Mahamat a qualifié le terrorisme de « cancer » infectant progressivement tout le continent avec des conséquences économiques et sécuritaires douloureuses.

Les coups d’État militaires au Mali, en Guinée, au Soudan et au Burkina Faso au cours des deux dernières années ont renversé les dirigeants élus et fixé des calendriers longs ou inexistants pour un retour à un régime civil.

Ces mesures ont suscité des condamnations et des sanctions de la part des organes régionaux, de l’UE et des capitales occidentales, l’UA suspendant les quatre pays jusqu’à ce que le pouvoir soit rendu aux civils.

Mahamat a qualifié les périodes de transition proposées par les juntes militaires de « sources de dissensions et parfois de tensions » peu propices à la stabilité de ces États ou de leurs voisins.

(avec fils)

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