Observations finales au nom des « témoins des témoins » au procès antiterroriste de Paris

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Cette semaine a été difficile au Tribunal pénal spécial, où sont jugés les hommes soupçonnés d’implication ou de complicité dans les attentats terroristes de novembre 2015. Les audiences ont été consacrées aux observations finales des avocats représentant les survivants et les proches des personnes endeuillées.

La profession juridique, comme toutes les autres, est un sac mélangé. Tant de personnalités différentes, tant de styles différents. Nous avons été harangués, cajolés, séduits, surpris et même entendus normalement. Les résumés de clôture ont varié de l’excessivement théâtral à la conversation. Le langage est passé d’inspiré à un banal standard.

Le président du tribunal, Jean-Louis Périès, a gardé ses pensées pour lui. Il a été d’une politesse sans faille.

Les accusés sont restés assis, calmes ou comateux, à travers tout cela.

Sauf mardi, lorsque neuf d’entre eux ont organisé un autre boycott de l’audience, en solidarité avec Muhammed Usman, l’un des prisonniers, qui se plaint que ses problèmes de santé ne sont pas pris au sérieux par les autorités.

Une impression d'artiste de Muhammad Usman lors des audiences spéciales du tribunal sur les attentats terroristes du 13 novembre 2015
Une impression d’artiste de Muhammad Usman lors des audiences spéciales du tribunal sur les attentats terroristes du 13 novembre 2015 ©AFP

Jean-Louis Périès, avec un pragmatisme typiquement ouvrier, a réglé la situation d’un coup de fil.

Les prisonniers en grève retournent à cousalle de bain

Usman et les autres grévistes étaient de retour dans la zone de sécurité mercredi.

Mais vous devez vous demander quelle partie de cette partie particulière de la procédure pénale ils comprennent.

Usman vient du Pakistan et parle ourdou. Son voisin dans l’enceinte de sécurité, Oussama Krayem, a appris le français mais est suédois. Tous deux sont assistés de traducteurs judiciaires.

Ce qu’ils font des vols légaux les plus fantaisistes est une énigme.

L’avocat qui a fait référence à Hemingway Fête mobile (mal traduit par Paris est une fête en français) a joué sur l’écho de « fête » dans le mot « défaite », en disant aux accusés que Paris les avait vaincus. Il serait difficile de savoir combien de ses auditeurs français ont compris. Cela a semblé laisser les parties suédoise et pakistanaise du public complètement indifférentes.

A qui s’adresse cette partie du procès ?

Et cela a été une partie importante du problème. À qui s’adresse exactement cette phase du procès, qui en est maintenant à son dixième mois ?

Nous savons tout ce que la science médico-légale peut révéler sur les événements qui ont précédé et suivi les événements tragiques qui ont coûté la vie à 132 personnes. Nous avons entendu beaucoup de ceux qui ont survécu.

Si les professionnels en robe noire de cette semaine se sont parfois trompés dans le choix du ton, s’ils ont parfois répété des faits malheureux dans un langage indigne, s’ils ont parfois déçu leurs clients, c’est le prix de la justice.

Car, comme nous l’ont rappelé plusieurs intervenants de la semaine, derrière les apparats histrioniques et les erreurs de jugement verbales se cachent les voix de ces victimes qui ne se sont pas senties légitimes dans cette vaste salle d’audience. Sinon, ils seraient les victimes oubliées. Cela a été leur semaine.

Comme l’a dit l’un de leurs représentants légaux, citant un survivant des horreurs du nazisme : « nous sommes devenus les témoins des témoins ».

Le procès se poursuit.

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